jeudi 8 septembre 2011

N°7 – TRAVERSEE COCOS KEELING – RODRIGUES

MESSAGE N°7 – Vendredi 9 Septembre 2011 
Distance à l’arrivée : 869 milles/Distance au départ: 1115 milles Distance journalière parcourue vers Rodrigues : 207 milles
 

Pas trop mal le score journalier, plus de 200 milles sur la route directe.

Mais, pour l’ambiance, bienvenue dans le Golfe de Gascogne au mois de Mars. Températures de l’eau (24,5°c) et de l’air (28°C) mises à part.

Ciel entièrement couvert chargé de lourds nuages sombres. Grains de vent et de pluie épars, mais pas rares. Horizon bouché à 3 milles. Vent 25 nœuds établis, 28/30 nœuds dans les grains. Creux 5 à 6 mètres. Mer grise, ciel gris, horizon gris. Crêtes déferlantes. On se croirait dans le Golfe de Gascogne un jour de printemps maussade. Configuration inchangée : grand-voile  à 2 ris, un bout de solent sous le vent, les filles en bas pour la nuit, les garçons en haut.

Rares manœuvres du captain cette nuit : dérouler un peu le solent après les grains, enrouler un peu avant.

Ce matin, lever du jour maussade sur une mer maussade. J’ai pulvérisé du WD 40 sur la poulie de bosse du 2ème ris en bout de bôme, qui commençait à crier sa douleur. Elle s’est tue.

Après la séance de rejet à la mer des poissons-volants trépassés dans la nuit, une douzaine, je me suis aperçu que l’embase de pied de mât, une tôle en alliage d’aluminium épais, avait pris un peu de jeu vertical sur l’arrière, sous la traction de la poulie de renvoi stand-up de la bosse du 2ème ris. Du coup j’ai changé le point d’ancrage, en l’avançant un peu, et ca va mieux. Organe vital mis sous contrôle jusqu’à Rodrigues.

Mais une expédition à l’intérieur de la poutre de mât s’impose à l’arrivée pour reprendre la fixation de l’embase. Je ne suis pas inquiet, cette tôle travaille à la compression surtout, et encaisse en permanence plusieurs tonnes de compression lorsque le bateau navigue.

Alors elle ne va pas s’en aller comme ça. Mais bon, un point de plus sur la liste des « choses à faire à Rodrigues » !

La carte météo semble nous indiquer que nous sommes au cœur d’une grande zone nuageuse qui nous passe dessus en montant vers le nord-ouest. On a perdu le soleil et le ciel bleu, avec un peu de chance, on devrait les re-apercevoir demain, après 48 heures de grisaille.

Mon frère, qui vient d’arriver à l’Ile de La Réunion pour y monter une antenne de la société CLS Argos, nous prévoit 30 nœuds de vent et la mer qui va avec pour notre arrivée sur la passe de l’Ile Rodrigues, d’ici 5 jours normalement. Ben merde alors ! Voilà une info que j’aurais préféré que Barbara ne lise pas… Mais elle a du métier maintenant, la grande blonde, je ne peux plus lui raconter les mêmes sornettes météorologiques qu’avant, qu’elle gobait assez facilement,  longue expérience et crédibilité aidant. Ca devient plus compliqué pour moi désormais de trouver des angles favorables pour présenter avantageusement les choses.

D’autant que 30 nœuds et des vagues qui déferlent à proximité de la passe , ça reste une nouvelle mitigée quand même.

Allez, step by step, à chaque jour suffit sa peine.

Bande de veinards, à terre, certains peuvent voir le match d’ouverture de la Coupe du monde de rugby, New-Zealand versus Tonga. Maintenant que nous connaissons les Tonga, la Nouvelle-Zélande, et l’Eden Park (le magnifique stade) d’Auckland, Marin et moi imaginons bien les images.

Et le haka utilisé par les All Blacks, c’est lequel ? Ils ont du répéter leur danse guerrière maorie, les Blacks, pour la Coupe du monde. Ca doit avoir de la gueule !

A bord de Jangada, début de week-end, au large de tout, dans l’ Océan Indien.

A demain

Le Captain