samedi 24 mars 2012

MESSAGE N°6 – Traversée Georgetown (Ile de l’Ascension) – Praia de Santiago (Iles du Cap Vert)

Boucler … la boucle…
JOUR 6 – Samedi 24 Mars 2012


Distance de l’Ile de l’Ascension  739 milles
Distance de Praia de Santiago  702 milles
Position à midi 06°09’Nord/15°32’Ouest –
Distance parcourue en 24 H00 :109 milles



Apparemment sortis du Pot-au-Noir, mais pas au bout de nos peines… Hier après-midi, pas un souffle, nous marchions sur un moteur depuis des heures, lorsque nous avons commencé à apercevoir le manège d’un banc de bonites qui utilisaient la présence du bateau pour capturer sa pitance du jour : des exocets (poissons-volants), en l’occurrence bien à la peine pour décoller et voler en l’absence d’air. Les bonites nageaient à la même vitesse que le bateau, un peu en avant des étraves, et attendaient que les individus distraits qui n’avaient pas dégagé suffisamment vite de notre trajectoire se retrouvent paniqués par l’approche soudaine du bateau, incapables de s’envoler, pour leur donner la chasse au corps à corps. Le spectacle a duré des heures. Je n’ai pas beaucoup dormi cette nuit, j’ai pas mal manœuvré au gré des sautes de vent. Avec Marin, on a renvoyé la GV vers 04H00 du matin, car un petit vent du NWqW s’était levé sur notre plan d’eau. Nous avons pu faire route pendant quelques heures à la voile, avant que ce zéphyr éphémère ne laisse à nouveau la place à des risées trop poussives pour éviter le bruit régulier de la mécanique… Dans la nuit, j’avais été obligé de déconnecter l’alternateur 24 V attelé à bâbord, le voltage des batteries étant monté très haut. Peut-être un petit souci de régulation.

Jean-Louis, le navigateur solitaire, n’est plus qu’à 90 milles devant.

On discute météo, les prévisions ne sont pas idéales. Avant de pouvoir faire route sur Santiago au près sur un bord, il va falloir s’extraire de notre trou à proximité de la côte africaine, et là, c’est vent dans le pif garanti. Plutôt que de courir au large pour tirer des bords dans une mer forcément plus formée, où nous ne serons pas à la fête, je me demande si ce ne serait pas préférable de continuer à monter le plus haut possible le long de la côte africaine, genre embouchure de la Casamance, où les vents sont plus faibles, jusqu’à pouvoir aligner Praia sur un bord qui adonnera progressivement en gagnant dans l’ouest. Y aurait-il des routeurs connectés à Internet dans le coin?

A midi, c’était crêperie bretonne à bord, sans le cidre… A demain !